madagascar

Dans le retroviseur

Dans un commentaire récent Riton a raconté sa jeunesse :

 

"Je suis tombé récemment sur le guide de l'automobile club de Madagascar des années 1970. On y découvre dans ses pages un pays encore riche. Les publicités qui y abondent révèlent beaucoup d'entreprises et d'infrastructures hôtelières, de commerces, d'usines...qui sont pour beaucoup devenues ruines ou ont disparu dans la terre rouge. On y parle de circuits avec des auberges accueillantes de ci de là, des routes, des services publics dont les mérites sont évalués positivement."

 
Un autre commentateur, Bruno, a trouvé ça un peu passéiste :

 "Riton ton discours sur l'opulence de 1970 ressemble fort à une nostalgie colonialiste qui si elle n'est pas à jeter aux orties comme on le voit trop souvent en France fait malgré tout partie du passé"

 Alors bon en fait je suis plutôt d'accord avec Bruno, faut regarder l'avenir et pas le passé.

 

En revanche ce n'est pas forcément de la "nostalgie colonialiste", je connais justement plein de malgaches âgés qui regrettent de manière identique le Madagascar des années 60 tout en n'ayant absolument aucun regret ni pour le système colonial, unanimement estimé pernicieux dans son principe, ni pour les colons, jugés autoritaires, spoliateurs et racistes dans trop de cas.

 

Je dois reconnaître qu'au début de mon séjour j'avais du mal à croire tout ces discours sur l'opulence passée de Madagascar. C'est qu'en France je suis tellement habitué à entendre la même rengaine débile  sur un supposé "déclin" qui ne tient pas debout, par réflexe je ricane et je sors des contre-exemples. Les contre-exemples sur le déclin malgache sont tout trouvés, il y a un net progrès sur les infrastructures routières depuis 5-6 ans,  les indices économiques standards comme le PIB sont en augmentation constante depuis les trois dernières années, et le grand nombre de voitures neuves dans les rues de Tana montre que des gens avec du pognon, il y en a à Mada, et de plus en plus.

 

Mais en fait je me gourais complètement. Riton et les autres vieux schnoks de sa génération ont raison, Avant C'était Mieux.

 

Quand on débarque ça n'est pas évident.

 

En particulier à cause des routes, on voit bien qu'elle sont toutes neuves, avant de venir on a lu plein de récits de voyages dramatiques sur des trajets de 3 jours pour faire 500km, alors en bon naïf qui débarque on se dit "ah mais bon sang les choses avancent, c'est Beaucoup Mieux Maintenant"

Ensuite le naïf s'achète une moto et va se balader. Et là, surprise, quand on sort des grands axes fraîchement goudronnées on tombe sur des routes défoncées. Je dit bien des routes, pas des pistes : partout autour de Tana on distingue vaguement des vestiges de routes goudronnées ou pavées, tout un réseau qui est désormais complètement foutu. Ca fait drôle, on s'écarte de 30km de Tana on est  dans une brousse qui a l'air de vivre de la même manière depuis 500 ans, et tout d'à coup on voit une plaque de goudron intacte dans la poussière, et on réalise que les saloperies de cailloux qui jonchent la piste depuis le début ne sont que les restes d'un enrobé qui a bien dû être neuf un jour. En regardant mieux on aperçoit parfois un poteau téléphonique isolé, ou un réservoir d'eau en ruine au sommet d'une colline : cette brousse a été un jour moderne et équipée.

Donc, mea culpa je me plantais, effectivement les ancêtres ont bel et bien des raisons de regretter le passé de Mada. On ne peut voir du progrès que si on regarde à une échelle de 2-3 ans, sur 50 ans Madagascar a en effet perdu des routes goudronnées ou pavées: environ 35000 km en 1960 contre moins de 10000 aujourd'hui.

En revanche l'avenir appartient à Madagascar, et il est prévu de rattraper le retard très rapidement :
selon ce doc de la banque mondiale
"l'objectif [est] de presque doubler la longueur des routes nationales bitumées à l'horizon 2008"

(Ce document  est intéressant à lire pour au moins un élément : les décisions qui ont conduit à la construction de routes neuves datent de 1997-2000, soit bien avant l'élection de Ravalomana. Je dis ça, je ne dis rien, hein.)

 

A part le réseau routier on peut aussi regarder le PIB pour évaluer l'économie de Madagascar.

Là, formidable, il est en train de remonter. Mais le problème c'est qu'il est aujourd'hui estimé... au même niveau qu'avant la crise de 2002. Faut donc avoir la vue courte pour parler de progrès!

(De manière amusante on notera que le PIB a progressé rapidement entre 97 et 2001, soit bien avant l'élection de Ravalomana, et que la crise a tout flanqué par terre. Je dis ça, je ne dis rien.)

 

Finalement, les 4*4 dans les rues de Tana. C'est un signe de richesse. Pour ceux qui possèdent le 4*4. Pour les autres... ben c'est à pleurer, les pauvres de Mada sont de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches. Le PIB c'est pas un truc qui se partage. Le nombre de malgaches en dessous du seuil de pauvreté serait de 80% aujourd'hui, contre 72% en 2001.

(Tiens au fait, 2001 c'était avant l'élection de Ravalomanana. Bon, ok je la ferme j'y connais rien et ce type est extraordinaire alors que ses prédécesseurs n'étaient que des ahuris. En fait je suis un peu hypocrite sur ce point, car le chiffre de 80% de malgaches en dessous du seuil de pauvreté est très discutable: mais bon, c'est le chiffre officiel lâché par le gouvernement et repris par les journaux . Je ferais un article sur la manipulation des stats un de ces jours)

 

 

Bref, oui, si ça se trouve effectivement avant c'etait mieux. Il y avait des voies ferrées et des routes et un canal des pangalanes pas ensablé et des usines uniques dans l'océan indien (verrerie par ex) et une université réputée etc etc. Tout est parti en couille.

 

Ca m'empêche pas de continuer à être d'accord avec Bruno, regardons l'avenir.
Qui ne saurait être autre que rose pour Madagascar, parceque j'en ai envie.

 

 

Vos commentaires

1 Le Mercredi 20 Decembre 2006 à 10:06 GMT+2, par Madagascan

Je te cite "(Ce document est intéressant à lire pour au moins un élément : les décisions qui ont conduit à la construction de routes neuves datent de 1997-2000, soit bien avant l'élection de Ravalomana. Je dis ça, je ne dis rien, hein.)"

Roooh, le vilain argument :-) C'est absolument vrai cependant. Ce qui est vrai aussi, c'est que d'une part ces routes ont vraiment été réalisées (et ca c'était pas évident avec l'autre zozo), et d'autre part c'est bien avec Ravalomanana que les bailleurs de fond ont fina

2 Le Mercredi 20 Decembre 2006 à 14:59 GMT+2, par madagascar

Kwa, tu me soupconnes de mauvaise foi? ! ;)
OK je suis d'accord, je doute que qui que ce soit aurait accepté de preter beaucoup de pognon au(x) zozo(s) précédent(s), et s'ils l'avaient fait je sais pas si on aurait vu grand chose. En même temps on entend de plus en plus de grincements de dents du côté de la Banque Mondiale en ce moment, rapport par exemple à des minoteries ou des entretiens de route foirés, mais pour l'instant visiblement personne n'a envie de faire de vagues.

Le coup des routes "vraiment réalisée" ca me rappelle une vieille blague.

C'est Eltsine qui rend visite à Chirac, et il est épaté, Chirac a une super baraque.
Il demande :

-Mais comment a tu pu te payer ca avec ton misérable salaire de président francais?
-Facile. Tout commence par un financement de l'Europe pour construire un nouveau lycée en Ile de France, de quatre étages. Regarde par la fenêtre, on le voit d''ici
Eltsine regarde, puis il répond :
-Mais, il n'y a que deux étages?
Grand sourire de Chirac :
-Ben voilà, tu as tout compris!!

Plus tard Chirac rend visite à Eltsine.
Lui aussi est épaté par le palace personnel de Eltsine et il demance commenc ca a été financé.
Eltsine lui répond :
-Tout commence par un financement de la banque mondiale pour une autoroute à quatre voies. Regarde par la fenêtre.
Chirac regarde, et puis ;
-Mais, je ne vois rien?
Grand sourire de Eltsine :
-Ben voilà, tu as tout compris!!

[ c'est une vieille blague et je sais plus si Chirac était encore Maire de Paris à l'époque de Eltsine ou bien déjà président. Ca fait tellement longtemps qu'il est en place...]

3 Le Mercredi 20 Decembre 2006 à 15:04 GMT+2, par madagascar

Tiens, la situation malgache me rappelle aussi une autre tres vieille blague :

C'est un papa tres riche qui emmène son fils au sommet de la montagne.
Il lui montre le paysage d'un grand geste et dit :
"Regarde. Un jour, tout ce que tu vois d'ici t'appartiendra"

Plus tard, un papa tres pauvre emmene son fils au sommet de la montagne.
Il lui montre le paysage d'un grand geste et dit :
"Regarde. "

4 Le Mercredi 20 Decembre 2006 à 20:40 GMT+2, par Madagascan

Bon, j'essaye de reposter mon message en entier:

Je te cite "(Ce document est intéressant à lire pour au moins un élément : les décisions qui ont conduit à la construction de routes neuves datent de 1997-2000, soit bien avant l'élection de Ravalomana. Je dis ça, je ne dis rien, hein.)"

Roooh, le vilain argument :-) C'est absolument vrai cependant. Ce qui est vrai aussi, c'est que d'une part ces routes ont vraiment été réalisées (et ca c'était pas évident avec l'autre zozo), et d'autre part c'est bien avec Ravalomanana que les bailleurs de fonds ont finalement lâché le fric, alors que les dossiers étaient bloqués depuis donc 3 ou 4 ans.

Ce que beaucoup de malgaches ont du mal à admettre, c'est qu'ils ont élu un mec qui ressemble plus à un républicain américain qu'à un socialiste français. Ravalomanana privilégie les entreprises (les mauvaises langues diront qu'il privilégie SES entreprises), il casse le mythe de l'Etat providence, et se concentre sur quelques sujets centraux: Education, santé, sécurité, justice. Evidemment, les malgaches n'ont pas trop été habitués à ce type de politique. La colonisation avait habitué au paternalisme contrôlant tout, Ratsiraka a pendant 15 ans mis l'économie sous tutelle de l'Etat.

Nous avons donc un adepte de l'économie libérale. Mais là où le bât blesse, c'est que contrairement aux économies dites avancées, la redistribution de la richesse des entreprises vers les travailleurs se fait très mal. A Madagascar, c'est la "take the money and run" attitude. Donc, tant que ca paie, je me sers, parce que je ne sais pas de quoi demain sera fait. D'ailleurs, il est affligeant de voir que la richesse générée ne sert même pas au développement des entreprises. Elle est directement réinvestie soit en immobilier, soit en biens d'équipement (les fameux 4x4) soit à l'étranger (mais ca, ca devient un peu plus dûr depuis les lois bancaires). Tout cela pour dire que la politique économique de Ravalomanana n'est pas adaptée aux réalités. Il faut un Etat beaucoup plus dirigiste, qui impose les réformes et les changements de mentalité. Et en ce sens, mon dernier billet "facteurs de blocage" aborde un peu le même sujet.

5 Le Mardi 2 Janvier 2007 à 02:12 GMT+2, par morgane

Bonne année sous les tropiques!
Très sympa le ton du blog... je retrouve beaucoup de choses dans tes écrits des discussions que j'avais pu avoir avec les expat' à Mada...
Bonne continuation!

6 Le Vendredi 5 Janvier 2007 à 22:59 GMT+2, par KiriKou

C'est étrange cette vision qui reste toujours lointaine, avec des (vagues) chiffres de PIB, des kilométrages de routes bitumées, une appréciation au pifomètre du nombre de 4x4 qui voudrait essayer de comprendre quelque chose mais sans y parvenir, restant au niveau de l'anecdotique. J'ai un peu l'impression de lire "Tintin au Congo", d'un reporter qui ne verrait le pays où il se trouve que par rapport à l'auditoire supposé, celui resté en "métropole" (salut Morgane). J'ai évidemment pas tout lu, faut croire que j'ai pas trop eu envie, je connais mieux ce pays, en bien comme en mal, que ce que tu en dis.

7 Le Vendredi 5 Janvier 2007 à 23:07 GMT+2, par KiriKou

Je m'emporte mais c'est parce que c'est vendredi soir. A Paris.

8 Le Vendredi 12 Janvier 2007 à 15:49 GMT+2, par Madagascan

Bon, a quand le prochain billet? :-)

9 Le Mercredi 17 Janvier 2007 à 17:56 GMT+2, par Riton

Lire ce sujet et ses commentaires m'incite à le complèter par quelques petites anecdotes vécues...illustrant le fait que Mada est un pays plein de ressources, pas toujours naturelles.

Je loue une maison à Tana dont le toit fuyait beaucoup inondant plusieurs pièces à la moindre averse. Le propriétaire malgache, après de multiples interventions, finit par envoyer des ouvriers pour refaire le bitume sur ce toit horizontal. Je regarde les ouvriers qui allument des feux et chauffent dans des chaudrons immondes un mélange de caillasses noircies et de blocs noirâtres. Etonné, je demande pourquoi ils n'utilisent pas, comme chez nous du goudron liquide très pratique (genre Rubson) qu'on étale au rouleau. On me répond que c'est trop cher et que c'est préférable d'utiliser du "goudron d'occasion". J'en demande la provenance mais la réponse est vague, gènée, comme si ma question était déplacée, voire choquante.
Depuis j'ai cherché en vain où on pouvait trouver des gisements conséquents de bitumes à Mada...avant de faire une corrélation avec le nombre élevé de routes bitumées de mon enfance ont purement et simplement DISPARU, ce qui me posait jusque là problème à expliquer rationellement... une fois j'avais posé la question, aux gens du lieu, entre Tulear et Ifaty. Il m'a été répondu "que les vazaha les avaient emportées avec eux..."
L'esprit pervers du "vieux colonialiste" que je suis (selon St Bruno) s'en était amusé.
Désormais le toit fuit un peu moins. Vivement la fin de la saison des pluies. A la fois pour mes meubles et pour le fotaka généré par ces routes probablement amputées.

Avec l'esprit d'escalier qui me caractérise parfois, je me suis souvenu du même genre de récupération qui a eu lieu au début de l'ère post coloniale: celle du cuivre des lignes téléphoniques entre les principales villes. Il y a eu très longtemps des poteaux téléphoniques orphelins dressant leurs bras désormais inutiles sur les bord de route ( par exemple la route Tana-Tuléar) sans être reliés par le moindre fil. Ils ont été eu aussi enlevés depuis, mais la blague qui courait à l'époque est qu'à Mada on avait inventé le téléphone sans fil.Mais que cela ne marchait pas encore.

Plus récentes sont les tables de salon qu'on trouvait à acheter, avec un plateau en verre réalisé à partir des parois des cabines téléphoniques publiques. Heureusement sont intervenus les téléphones portables qui ont rendu ces édicules obsolètes. Quelques uns demeurent cependant avec des vitres très solidement assurées aux montants métaliques.

"Hier est passé. Demain n'existe pas. Seul aujourd'hui compte. Alors, les vieux colons, faites pas chier avec vos histoires passéistes...". (j'anticipe)

10 Le Lundi 22 Janvier 2007 à 15:30 GMT+2, par madagascar

Tu vois le mal partout, Riton...

Ce qui a detruit les routes c'est les intempéries et le manque d'entretien, c'est tout. Ca m'étonnerait que qui que ce soit se soit amusé à piquer des morceaux de route. C'est pas la peine de se fatiguer, le mauvais temps se charge de creuser des trous et disloquer le macadam (regarde l'état des rues de tana en ce moment apres les pluies... ca ravine de partout, transpose ca sur 40 ans c'est logique qu'il ne reste plus rien) , ensuite les gens ramasse les morceaux pour les recycler en toiture, je vois pas où est le problème. En fait ca me parait meme tres bien : la route entre tulear et Ifaty je la connais, les portions qui ne sont pas sableuses sont jonchées de gros morceaux de goudrons tout durcis, ca n'arrange pas la roulabilité et si quelqu'un prenait l'initiative de tout nettoyer ca resoudrais peut-etre le mal de dos des touristes qui vont là bas en taxi-brousse.

Pour les vols de fil telephonique c'est un grand classique, et pas seulement à Madagascar. Les telecommunications se modernisent, desormais ce sont les panneaux solaires qui alimentent les antennes relais qui se font piquer.
Le problème est récurrent en France : tf1.lci.fr/infos/france/0... Actuellement on entend meme parler de vol de statues en bronze pour en fondre le métal!!
La différence entre Mada et la France c'est que quand une plaque d'égout est volée dans un cas on a les moyens de la remplacer tout de suite et dans l'autre on n'a meme pas les moyens de conseiller aux gens de regarder où ils marchent.

L'un dans l'autre je n'ai vraiment pas l'impression que les malgaches pratiquent plus le pillage que les francais.


11 Le Lundi 22 Janvier 2007 à 23:16 GMT+2, par Riton

Mon cher ami,
je sais que je pollue assez réglièrement ton blog de mes écrits et ai souvent perçu ta difficulté à les supporter. Mais là je te prend en flagrant délire du politiquement correct à tout va.
L'art politique contemporain consiste à faire comprendre que tout ne va pas très bien mais que ça pourrait aller plus mal et qu'il suffit de regarder ailleurs comment, justement, ça va moins bien.
Si, par un quelconque hasard, ça allait mieux ailleurs, alors l'art politique contemporain consisterait à faire comprendre que ça ne peut pas durer, que ça n'est pas si vrai, que c'est la force des choses et qu'on n'y peut rien.

Le but ultime de cette démagogie spectaculaire,? c'est de tuer le temps qu'il nous reste à vivre en imaginant qu'on en aura bien assez pour ... au fait, que va-t-on faire du temps qui nous reste ? parce que tout cela ne mène à rien...

Sans doute convenir ensemble que, à Madagascar on a un sens de la chose publique très au-dessus de la moyenne.

Sans rancune, j'espère :-)

12 Le Samedi 27 Janvier 2007 à 05:30 GMT+2, par KiriKou

>Madagascan : "Evidemment, les malgaches n'ont pas trop été habitués à ce type de politique. La colonisation avait habitué au paternalisme contrôlant tout, Ratsiraka a pendant 15 ans mis l'économie sous tutelle de l'Etat."
Hé cousin, je me demande de qui tu parles, de quels Malgaches, dans quels livres de la Banque Mondiale que tout le monde adore là-bas? C'est un étrange paternalisme à accepter que celui où l'on fait la queue pour acheter du sucre s'il en reste, où les jeunes kung-fu affrontent les jeunes TTS, où les étudiants se prennent des balles et des grenades entre autres rétributions de leurs passivités coupables, non? Je suis ironique. Mais tout ce qu'il faut c''est "un peu plus de dirigisme" hein? Ouais ouais, tu fumes de la bonne, toi... J'en viens à Riton.

>Riton : respect aux anciens dont j'imagine que tu fais partie vue ta prose. Mais "Do or die", tu connais? Désolé pour ton toit, il ressemble un peu à celui de ma mère aussi c'est dire si je suis ému, faudrait porter plainte au nom de Leroy-Merlin. Mais faudrait peut-être se demander pourquoi le "sens de la chose publique" est si "développé" à Madagascar. S'il te faut des anecdotes, j'ai croisé une nuit le chemin de fils téléphoniques tombés par terre. Je me suis dit que je n'avais besoin de rien, a fortiori pas de fils téléphoniques. Alors, logiquement, j'ai essayé de couper ces fils avec les dents, en vain. Alors j'ai fait dix mètres, j'ai réveillé un de ces gardiens de nuit qui dorment sur le trottoir, et il se trouve qu'il avait comme par hasard une scie à métaux dans sa poche. J'ai cassé sa scie à métaux mais je suis reparti avec 30 mètres de fil inutile en lui disant : "Salut et merci, désolé pour ta scie à métaux". Alors ouais mais zut, ça voudrait dire que la "chose publique" je m'en foutais, tout le quartier, notamment l'agence de la Jirama, a dû être privé de courant pendant au moins 12 heures, les gens ont pas pu payer leurs factures! Faut croire que je m'en croyais dépossédé depuis longtemps, de cette "chose publique", même moi le putain de privilégié, pour oser faire ça. Il n'empêche que ce gardien qui dormait par terre me comprenait assez pour me laisser faire. Et que je n'avais pas douté qu'il me comprenne. Apparemment tout le monde ne comprend pas. Bande d'exclus.
Sans rancune, hein?

13 Le Vendredi 2 Fevrier 2007 à 14:42 GMT+2, par l'ancien

plutôt d'accord avec Riton... Entre vieux schnocks s'entend !

Je ne pense pas que les panneaux de signalisation métalliques flambant neufs du "boulevard de l'Europe" se soient volatilisés sous l'effet de 20 ans d'intempéries.

A situation égale, j'en ferais peut être autant, mais je trouverais curieux que certains fassent semblant de trouver d'autres explications.

Et pour avoir vécu en Asie du Sud Est, dans des coins assez durs, je confirme ne pas y avoir vu le même genre de dérives.

@ Kirikou : ce ne serait pas de la faute aux autres par hasard ?

14 Le Mardi 20 Mars 2007 à 16:51 GMT+2, par Madagascan

@Kirikou: Petit mais vaillant? :) Comme si les périodes Ratsiraka n'avaient généré que de la guerre civile! Juste pour me faire l'avocat du diable deux secondes: Qui subventionnait le prix du riz pourqu'il reste stable même en période de soudure? Qui a maintenu l'accès à la médecine aussi peu chère que possible? Ce diable de Ratsiraka, grand voleur devant l'éternel, avait mis en place de nombreux organismes de régulation. Certes c'était un moyen de canaliser les flux commerciaux vers ses (larges) poches, mais ces organismes remplissaient malgré tout plus ou moins leur office. Aujourd'hui, il n'y a même plus régulation.
Oui, je crois que les pays en difficulté ne peuvent s'en sortir qu'avec une politique très volontaire, et une politique très volontaire ne peux être mise en oeuvre qu'avec un chef très dirigiste. Ravalomanana en fait partie: pour preuve sa révision de la constitution, qui vise tout bonnement à lui donner toujours plus de pouvoirs. Alors oui, je crois qu'il vaut mieux un dictateur éclairé qu'un démocrate corrompu, à condition que ce dictateur ne s'enferme pas dans une vision dogmatique de sa politique. Malheureusement, Ravalomanana est trop dogmatique (liberalisme et religion) pour véritablement relever son pays.

15 Le Mercredi 21 Mars 2007 à 09:05 GMT+2, par madagascar

obscur homme d'affaire
président autoproclamé
dictateur éclairé
tyran illuminé??

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