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Broutilles

Les élections présidentielles auront lieu en Décembre à Madagascar.
Pour l’instant les débats ont été assez peu animés. En réalité l’opposition n’a pas vraiment les moyens de lutter, Ravalomanana a déposé sa candidature officielle hier matin mais cela fait déjà un bail qu’il arpente les campagnes en hélicoptère, promettant de goudronner la piste ici, de construire un pont là, d’acheter un groupe électrogène ailleurs, et parfois les trois au même endroit. Ca plait au bon peuple et en plus le bon peuple n’a pas trop envie de prendre le risque de déclencher une nouvelle crise en votant mal, ce qui laisse assez peu de marge pour un changement à la tête de l’état. Ca augure en revanche d’un taux d’abstention phénoménal.
Quelques illuminés ont cru pouvoir tenter de dramatiser la situation en organisant il y a dix jours une « cérémonie de réconciliation » à Brickaville, dont le blocage du pont lors de la crise de 2002 symbolise toutes les crispations de la dernière élection. En fait de réconciliateurs il s’agissait plutôt de boutefeux tentant de rallumer la mèche de la contestation et le gouvernement ne s’y est pas laissé tromper, hoplala pas question de poser une plaque commémorative c’est une prérogative étatique et vas y que je t’envoie la troupe occuper le terrain deux jours avant pour bien faire comprendre que les rassemblements d’opposition, ils n’auront lieu que le jour où l’opposition sera au pouvoir. Prudemment les réconciliateurs ont annulé l’événement. Faut dire que la dernière fois que des opposants ont tentés de tenir un meeting à Analakely ils se sont fait chasser à coups de manche de pioche par des nervis du TIM des commerçants du quartier se défendant des anciens spoliateurs (sic). Kofi Anan lors de sa visite a très publiquement clairement protesté sur le peu de place laissé à la dissidence à Madagascar.

D’autres excités ont jetés des grenades dans la cour de la haute cour constitutionnelle à Tana, dans un geste obscur non revendiqué et quelque peu brouillon : 4 grenades d'"exercice" (?), une seule explosion et de toutes manière même un champion de javelot aurait du mal à atteindre le bâtiment depuis l’extérieur de l’enceinte vu la taille de la cour

Bon, ce qui alimente les débats depuis deux mois ce ne sont pas ces non-événements mais un point de détail du code électoral : doit on voter à bulletin unique ou multiple ?
Bulletin unique ça veut dire tous les candidats sur une seule feuille et on vote en cochant la case de son choix.
Bulletin multiple ça veut dire que chaque candidat fournit son bulletin et on vote en en mettant un dans l’urne, les autres on peut les garder.
En cas de bulletin multiple les frais d’impression sont à charge des candidats, 20 000 000 de bulletins puisqu’il en faut pour les deux tours. On ne sait pas bien quels candidats ont les moyens de payer cette impression en plus de la campagne et de la « caution électorale » ( !) dont le montant est encore inconnu. On ne sait pas bien ce qui se passe si un camion de bulletins d’un candidats s’égare juste avant l’élection (en fait si, on sait : c’est déjà arrivé la dernière fois ! Mais là on est rassuré, si l’impression est à charge des candidats l’Administration assure l’acheminement, ouf). On ne sait pas non plus si ça ne pourrait pas nuire au secret du vote dans le cas où un comique s’amuserait à vérifier avec quels bulletins chacun ressort de l’isoloir (Quoi ? c’est arrivé aussi ? Les malgaches sont farceurs.).
On sait juste que l’opposition (20 candidats déclarés !) a lutté bec et ongle pour le bulletin unique mais que, la semaine passée, le gouvernement a tranché en faveur du bulletin multiple.
Vivement le vote électronique qu’on rigole vraiment.


Vos commentaires

1 Le Mercredi 27 Septembre 2006 à 11:55 GMT+2, par Madagascan

Rien à voir avec le sujet, mais je voulais te faire connaitre mon blog:
madagascan.over-blog.com/
J'espère que tu apprécieras!
A+

2 Le Mercredi 27 Septembre 2006 à 15:35 GMT+2, par Madagascar

Ah, commenter l'actualité malgache...
Bonne idée, sauf qu'on est vraiment mal informé! En particulier les articles politiques sont généralement creux et il faut les lire trois fois pour comprendre ce que le journaliste a voulu sous-entendre tellement il évite de dire les choses clairement, à croire que tous les journalistes malgaches craignent de se faire des ennemis parmis les personnalités des gouvernements actuels et à venir.

3 Le Mercredi 27 Septembre 2006 à 16:30 GMT+2, par Vola

Le problème avec le journalisme à Madagascar, c'est aussi un problème de langue. Dur, dur, d'écrire dans une langue (le français) qui n'est pas sa langue maternelle !
Je vois souvent des articles où un mot est utilisé à la place d'un autre, provoquant parfois des contresens rigolos. Ou bien des phrases qui ne veulent pas dire grand chose.
On sent là les fruits de la malgachisation.
Pour les articles en malgache, je ne peux pas juger malheureusement parce que je ne lis pas le malgache. (on sent là les fruits de l'assimilation :-( ...)

Bref, y a encore du chemin à faire pour le journalisme à Mada ! (du moins, pour les articles écrits en français)

4 Le Mercredi 27 Septembre 2006 à 20:34 GMT+2, par Madagascan

Oui, pas facile d'être journaliste à Madagascar. Les pressions sont multiples, et le niveau pas toujours top...
Mais ce qui est sûr, c'est qu'il y a matière à commenter, ce dont je ne me prive pas sur mon blog :-)

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