madagascar

Article 5

Extrait de la convention de stage d'une école d'ingénieur locale :

...
Article 5. Les dirigeants de l'Etablissement-hôte peuvent allouer une indemnité aux stagiaires. Cette indemnité est répartie comme suit : 70% : indemnité des stagiaires, 30% : participation de l'Etablissement-hôte aux coûts de formation. Elle sera payée par chèque libellé au nom de Mr Le Directeur de l'Ecole XXXXXX et/ou versé à la banque YYYYYY [...]. Néanmoins, il appartient à l'Ecole de payer les stagiaires.
....


J'ai masqué les infos qui permettraient de reconnaître l'école, néanmoins je transmet les coordonnées bancaires à tout internaute desireux de faire un don.
Je vous donne également un extrait de la lettre qui accompagne cette convention :

...
Aussi la direction a-t-elle l'honneur de vous adresser la présente lettre pour vous demander de bien vouloir acquérir nos étudiants en stage.
..


Je jure sur l'honneur qu'il y a bien marqué acquérir et non accueillir.

Vos commentaires

1 Le Jeudi 27 Juillet 2006 à 10:58 GMT+2, par Riton

C'est vrai que cela sent un peu la magouille. C'est pourquoi j'ai toujours personnellement préféré le circuit direct entre donateur et étudiant(e). Mais 30% de "déperdition" c'est relativement peu par rapport aux "frais de fonctionnement" de certaines ONG. C'est vrai qu'il faut payer tous ces beaux 4*4 "Faim dans le Monde", "Environnement bla bla", qu'on voit dans les rues de Tana.

Il faut sans doute aussi faire la part de la langue étrangère qu'est le français.
Quand on lit les forums, même en France, on est étonné de l'appauvrissement de la langue de Molière sous la plume de nos contemporains ( "c'est moi que je suis le prof de français qu'on vous a causé". Alors soyons indulgents pour les étrangers.
D'ailleurs il n'est qu'à lire la presse gasy d'expression française pour tomber quotidiennement sur des expressions baroques dont la phonétique peut parfois expliquer la genèse.

Mais battons notre coulpe: quel qualité de malgache parlons nous ?

Azafady tompoko ê !

2 Le Jeudi 27 Juillet 2006 à 16:11 GMT+2, par madagascar

Je bat volontier ma coulpe sur le sujet de ma connaissance de la langue malgache et qui, je l'avoue, se limite à un très insuffisant vocabulaire de moins de cent mots. (j'ai un carnet et je coche les mots que je n'arrive pas à retenir, au dernier recensement il n'y avait que 88 mots non cochés... même pas un mot tous les deux jours, peux mieux faire!)
A contrario, le directeur de cette école est un érudit qui maîtrise parfaitement la langue francaise. Il est hors de question d'imaginer une confusion dans son esprit entre les termes acquerir et accueillir. Il s'agit d'un lapsus, que chacun est libre d'interpreter à sa maniere. Moi j'y vois un très clair ressentiment d'universitaire par rapport à des entreprises ingrates qui ne participent pas assez au financement de la formation. Ce qui n'est pas forcément infondé mais n'est pas pertinent pour le stage qui, justement, est un effort de formation de la part des entreprises. Tout cela noyé dans un complexe de supériorité que j'ai un peu de mal à avaler, tous les universitaires que j'ai rencontré ici manquent sérieusement de modestie par rapport au niveau de leurs élèves. Par exemple la lettre en question parle de "futures élites"... Ca serait sans conséquence s'ils s'agissait uniquement de leur opinion personnelle, mais ils bourrent le crâne avec leurs étudiants sur le thème vous-êtes-de-futurs-managers. Le nombre d'étudiants qui, croyant tout connaître, s'associent à la sortie de l'école pour monter leur boite ou bosser en free-lance est stupéfiant. Desillusion garantie pour la majorité, une fois confronté à la réalité.

Sinon je ne pense pas qu'il y ait de magouille, les 30% ne partiront pas en essence pour la 4*4 du directeur, faut pas exagerer, ce type est un vrai bosseur qui se bat pour son école, pas un pantouflard d'ONG qui soigne son bronzage sur la côte et dont la seule vrai compétence est dans le marketing auprés des comités de financement!

3 Le Vendredi 28 Juillet 2006 à 11:11 GMT+2, par Riton

J'abonde dans ton sens, lorsque tu dis que, ici, c'est l'habit qui fait le moine, et non pas sa maîtrise ou la pratique de sa religion.

J'ai déjà eu à subir les conséquences de cette mentalité. Par exemple si on ouvre un poste pour une formation à une future responsabilité, le candidat qui sera choisi par la partie malgache (évidemment, sinon c'est une "ingérence colonialiste", et de toutes façons, ces "immodestes universitaires malgaches" auxquels tu fais référence, sont tellement plus compétents que toi !), le sera non pas pour ses compétences et ses potentialités, mais parce qu'il est du bon clan, a les bonnes relations, ... J'en ai même vu un qui est parti de ce fait en France faire un stage de 8 mois sans aucune compétence adaptée, ni même avoir une connaissance suffisante de la langue française. Il est revenu sans doute sans avoir compris grand chose aux formations auxquelles je l'avais inscrit. Il a occupé le poste après s'être auto-déclaré compétent (!) contre mon avis et ceux des gens chez qui il était passé en France, ce qui nous a valu une accusation de...racisme.

Hélas, depuis plus de deux ans rien ne fonctionne dans ce qu'il est censé gérer.
La réalité est un gros problème, un truc de vazaha.

4 Le Dimanche 13 Aout 2006 à 15:09 GMT+2, par Ravalomanjaka

malgache = le mal qui gache
parlons plutôt de peuple Malagasy,
Malagasy people

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