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Malgacheries

Beaucoup de malgaches parlent francais, qui était la langue officielle au temps des colonies. Il y a eu une tentative de malgachisation mais ca n'a pas complétement abouti. Il est en pratique difficile de faire des études ou d'obtenir un bon boulot sans être un minimum francophone. La pratique du francais est une marque de réussite sociale, et les "écoles d'expression francaise" ont du succés. Certains jeunes trous du cul qui se veulent se la peter parlent francais entre eux quand ils sont en public, histoire de bien montrer que, eux, ils ont fait des études.
Dans les faits la majorité des habitants de Tana ne parle que le malgache, en particulier les personnes agées et les immigrants venus de la campagne, mais aussi toute la classe d'âge scolarisée durant la malgachisation des années 70.
Contrairement aux Africains de l'Ouest francophone ou aux Créoles qui ont inventé tout un tas d'expressions pitoresques les malgaches se sont peu appropriés la langue francaise, il ne l'ont pas beaucoup modifié. Le vocabulaire local possède tout de meme quelques particularités :


- "en règles" Les policiers au lieu de dire "c'est en régle" disent "c'est normal" quand on leur présente des documents complets. Apparement ici c'est les filles qui peuvent être en règles, pas les papiers.
- "Poisson frite" Ne vous étonnez pas si dans un troquet on vous demande si vous voulez des pommes sautées ou du riz en accompagnement de votre "poisson frite": en fait ca signifie "poisson frit"!
-"Chinoiserie" Une "chinoiserie" c'est une saloperie bon marché achetée chez des chinois. Y a plein de commerces chinois à Tana, les prix sont imbattables même si la qualité est souvent desastreuse. Ils arrivent à vendre de la camelote pire que celle des karanas, c'est dire. Pour railler les nouvelles chaussures Nike de son voisin l'idéal est de prétendre dédaigneusement "pffff, ca c'est de la chinoiserie"
- "Les quatres amis" (prononcer quat'zami). Utilisé pour désigner le petit monde de la rue, mendiants et autres trieurs d'ordures. Je sais pas d'où sort cette expression. Si ca se trouve d'ailleurs ca s'écrit katzami et ca vient du japonais!
- "déviation" Une déviation c'est pas un itinéraire pour contourner des travaux, ca signifie plutot "bifurcation".



Quelques mots malgaches sont utilisés dans la conversation francaise :

- "soubique" : panier, pendant longtemps j'ai cru qu'il s'agissait d'un terme de vieux francais et puis non, c'est un mot malgache, en fait à l'origine ca s'ecrit "sobika".
-"kabary" : discours. Je suis pas encore assez calé en malgache pour ne pas roupiller pendant un kabary. C'est la plaie des mariages et autres ceremonies. Certains orateurs parviennent à faire rire le public mais en général c'est très formel; On trouve chez les bouquinistes des recueils de kabary destinées à toutes les occasions de la vie exactement sur le meme format que les recueils de courriers-types qu'on trouve en France. Il parait qu'il y a aussi des duels de kabary entre orateurs mais je n'ai pas encore vu ca. Dans le même genre des concours de déclamation de poêsie sont programmés régulierement à Tana.
- "Vazaha", mot inévitable ici mais dont je n'ai pas encore réussi à trouver deux personnes d'accords sur le sens exact. Certains pensent que ca ne s'appliquent qu'aux occidentaux, pour d'autres ca signifie plutot "étranger", au point qu'un malgache de Tana serait un vazaha à Tamatave.
- "Zanatan", personne étrangère mais née sur le sol malgache. Madagascar reconnait les siens sur le principe du "droit du sang", ce qui donne comme résultat amusant que des descendants de colons francais arrivés dans les années 1900 n'ont toujours pas la nationalité malgache!
- "Karana", personne d'origine indo-pakistanaise.



Zut, j'avais plein d'autres mots en tête lorque j'ai commencé à écrire, mais je les ai oubliés! Je referais un autre post plus tard.

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